Science et voile : un duo gagnant pour les océans
Partenariat
10 octobre 2024
3 min
Ocean Calling conference

Fruit d’un partenariat novateur entre le monde scientifique et l’industrie, une étude approfondie sur la pollution marine a été présentée le 1er octobre au centre d’innovation de Nexans, AmpaCity, à Lyon. Réunis autour de Fabrice Amedeo, les chercheurs ont dévoilé des résultats sans précédent, obtenus grâce à un capteur de pointe déployé lors du Vendée Globe 2020. Cette campagne inédite a permis de révéler l’omniprésence des microplastiques dans l’océan, leur diversité et l’explosion du nombre de petits microplastiques, ainsi que la présence de fibres de celluloses. Ces découvertes majeures, rendues possibles grâce à la collaboration avec Nexans, pourraient bien changer notre perception de la santé de nos océans.

Des données qui bousculent les connaissances scientifiques

L’Imoca Nexans-Wewise, piloté par Fabrice Amedeo et équipé d’un capteur mesurant trois tailles de fragments (300, 100 et 30 microns), a permis aux experts scientifiques Enora Prado (Ifremer), Christophe Maes (IRD) et Sophie Lecomte (Université de Bordeaux) de révéler lors de la conférence, l’éparpillement inédit des microparticules, indépendamment des grands courants océaniques. Ces données, recueillies grâce à cette instrumentation de pointe, remettent en question les connaissances actuelles sur la dispersion des déchets marins, comme l’explique Christophe Maes, océanographe à l’IRD. Le fond de dotation Ocean Calling, en collaboration avec les équipes de recherche, ambitionne de modéliser plus précisément l’impact de ces microplastiques sur les écosystèmes marins.

AmpaCity : Un écosystème d’innovation au service de l’environnement

Situé à Lyon, le centre d’innovation AmpaCity de Nexans, inauguré en 2022, joue un rôle central dans la mission du Groupe. S’étendant sur 6 000m², avec 4 500m² dédiés à plus de 20 laboratoires, AmpaCity réunit une centaine d’experts de 10 nationalités différentes, dont 17 PhD, pour développer des technologies de pointe. Le site se concentre sur des projets clés, comme la réduction de l’impact environnemental et l’augmentation de la fiabilité des réseaux électriques.

La pollution des océans par les microplastiques concerne tout le monde, à titre individuel, mais aussi les industriels. Agir sur ces sujets est donc primordial et c’est pourquoi l’économie circulaire, dont les enjeux liés aux plastiques, fait partie des grands sujets qui sont traités dans le centre d’innovation d’AmpaCity. A titre d’exemple, la gamme Mobiway de Nexans offre un packaging réutilisable, un effort en accord avec l’économie circulaire prônée par l’entreprise. De plus, Nexans explore l’utilisation de déchets plastiques pour fabriquer des câbles, une démarche visant à réduire son empreinte carbone.

Le Vendée Globe, une plateforme pour la science

Fabrice Amedeo, qui prendra à nouveau le départ du Vendée Globe en novembre 2024 avec son voilier équipé du capteur, se dit fier de contribuer à cette initiative de science participative, espérant que les résultats inciteront à un changement de comportement et à un soutien accru aux filières de recyclage et aux pays en développement. Il est essentiel de ne pas oublier que 90% des déchets marins proviennent des grands fleuves des pays émergents, et que la lutte contre la pollution plastique passe aussi par une aide internationale renforcée.

 

Cliquez ci-dessous pour regarder la conférence Ocean Calling en replay et en apprendre davantage sur ces révélations scientifiques. Découvrez comment les résultats contribuent à la lutte contre la pollution des océans et à l’avancement des solutions pour réduire l’impact environnemental.

Premiers résultats communiqués en 2022 et 2023

Premiers résultats scientifiques : résultats des mesures à 300 microns

Cette étude, menée par trois instituts français — l’Ifremer, l’Université de Bordeaux et l’IRD (institut public de recherche) — révèle que les eaux de surface de l’océan Atlantique sont deux fois plus polluées par des fibres de cellulose que par des microplastiques.

Cette étude, basée sur des mesures réalisées à bord d’un voilier de course au large, montre également que l’Atlantique Nord est plus touché par la pollution plastique que l’Atlantique Sud. Elle interroge par ailleurs la dynamique du gyre subtropical (zone à forte concentration de microplastiques), les niveaux de pollution mesurés y étant inférieurs à ceux attendus.

Résultats des mesures avec une précision de 100 microns

L’ensemble de ces campagnes de mesures est analysé par des scientifiques de l’Université de Bordeaux et de l’Ifremer.

Les analyses indiquent une présence significative de fibres de cellulose dans les filtres : elles sont 40 fois plus concentrées sur les tamis de 100 µm, avec une répartition dans la colonne d’eau presque équivalente à celle des microplastiques. Un autre fait marquant est que 100 % des échantillons issus des tamis de 100 µm contiennent des microplastiques, contre 64 % pour les tamis de 300 µm.

En passant d’une analyse à 300 µm à une analyse à 100 µm, la présence de microparticules (fibres de cellulose et fragments de microplastiques) augmente, et la proportion de microplastiques est également en hausse : à 300 µm, on compte deux fois plus de fibres de cellulose ; à 100 µm, la répartition est de 54 % de fibres de cellulose et 46 % de microplastiques.

Ensemble, protégeons nos océans.