Huit idées reçues sur le cuivre et les câbles bas-carbone, à l’épreuve des faits
Économie circulaire
07 juillet 2026
4 min
Eight myths about copper and low-carbon cables

Chaque grande transformation industrielle traîne avec elle des certitudes commodes sur les matériaux, répétées jusqu’à passer pour des faits. L’électrification a les siennes. Le cuivre y est considéré comme quasi illimité, le métal recyclé comme un compromis, et l’empreinte d’un câble comme une affaire de fabrication.

Notre position paper, Recyclage, économie circulaire et produits bas-carbone, confronte ces certitudes aux données. En voici huit qui ne résistent pas à l’analyse, et ce que montrent les faits.

Mythe #1 : mêmes exigences

« Le cuivre recyclé n’égale pas le métal vierge »

C’est l’idée la plus tenace, et elle inverse la logique technique. Correctement traités, le cuivre et l’aluminium recyclés répondent aux mêmes exigences électriques et mécaniques que le métal primaire. Le cuivre, en particulier, est recyclable à l’infini et peut être réutilisé sans rien perdre de ses propriétés. Ce qui détermine la qualité d’un conducteur, c’est la façon dont le métal est traité et affiné, bien plus que son origine, qu’il provienne du minerai ou d’un produit en fin de vie. Pour un prescripteur, le contenu recyclé est un choix d’approvisionnement, sans pénalité de performance.

Mythe #2 : recyclable indéfiniment

« Le métal perd en qualité à chaque recyclage »

Certains matériaux se dégradent un peu à chaque cycle de recyclage. Le cuivre et l’aluminium, généralement non. Ils sont recyclables à l’infini et peuvent être refondus encore et encore sans rien perdre de leurs propriétés intrinsèques, bien que de petites quantités de matériau puissent être perdues au cours du traitement. Un conducteur en cuivre récupéré aujourd’hui peut redevenir un conducteur en cuivre demain, et le cycle se répète sans limite inhérente. C’est cette permanence qui rend ces deux métaux adaptés à une boucle fermée, et qui fait de leur maintien en circulation un enjeu de valeur.

Mythe #3 : empreinte carbone dans le métal

« L’empreinte carbone d’un câble tient surtout à sa fabrication »

L’usine est l’étape visible, elle attire donc l’attention. La comptabilité carbone raconte autre chose. Pour un câble type, 70 à 90 % de l’empreinte cradle-to-gate se situent dans les conducteurs métalliques, avant même la fabrication, l’emballage ou le transport. Ce seul constat rebat les priorités. Intégrer du cuivre et de l’aluminium recyclés, ou s’approvisionner en métal primaire bas-carbone, pèse bien plus sur l’empreinte d’un câble que l’optimisation de n’importe quelle étape de production. S’agissant des émissions liées aux câbles, la décarbonation du métal est l’un des leviers les plus déterminants.

Mythe #4 : demande de cuivre en 2030

« Le recyclage ne peut pas suivre le rythme de l’électrification »

L’ampleur de la demande laisse croire que le recyclage compte pour une simple variable d’ajustement. C’est l’inverse. La demande de cuivre s’oriente vers 40 Mt d’ici 2030, face à une capacité primaire d’environ 33 Mt, un écart qui appelle près de 10 Mt d’offre supplémentaire en une décennie. L’extraction primaire ne peut combler ce déficit ni seule, ni à temps. Récupérer et retraiter le métal déjà en circulation est le moyen le plus rapide d’ajouter de l’offre, ce qui fait du recyclage la réponse structurelle à l’écart, et bien plus qu’un appoint.

Mythe #5 : vérification par un tiers

« Une allégation environnementale n’est pas vraiment vérifiable »

Le scepticisme envers les allégations vertes est sain. La réponse tient dans la vérification. Les déclarations vérifiées par tierce partie, PEP Ecopassport et EPD, reposent sur une analyse du cycle de vie du produit conforme aux normes en vigueur (ISO 14025, 14040 et 14044, ainsi que EN 50693 et EN 63366) et sont reconnues à l’international. Elles rendent l’empreinte d’un câble mesurable et auditable. Les données sont normalisées et contrôlées en externe, sans être auto-déclarées. Près de 70 % des câbles vendus par Nexans sont couverts par ces déclarations, ce qui fait passer le « bas-carbone » du registre marketing à un chiffre qu’un acheteur peut intégrer directement à son propre reporting.

Mythe #6 : délai moyen de mise en service d'une nouvelle mine

« Si le cuivre vient à manquer, il suffira d’extraire davantage »

L’extraction primaire fera partie de la réponse. C’est aussi le levier le plus lent et le plus émetteur, et il n’apporte guère de résilience dans l’intervalle. Le délai moyen de mise en service d’une nouvelle mine atteint désormais près de 18 ans, contre moins de 13 il y a une quinzaine d’années, et tend vers 20 ans pour les découvertes les plus récentes. Le déficit, lui, arrive dans la décennie. La pénurie n’attendra pas l’arrivée de nouvelles capacités. Élargir les sources de métal, maintenir en service ce qui a déjà été extrait et associer approvisionnement primaire et recyclé, voilà ce qui comble l’écart dans un délai réaliste.

Mythe #7 : la circularité est une stratégie industrielle

« La circularité n’est qu’un supplément RSE »

Ranger la circularité au rayon RSE, c’est la sous-estimer. Pour un câblier, elle relève de la stratégie industrielle. L’intégration verticale jusqu’à nos propres fonderies permet de retraiter le cuivre et l’aluminium recyclés en interne, ce qui sécurise l’approvisionnement et réduit l’exposition à la volatilité des marchés primaires. Elle contribue à maîtriser les coûts et à répondre aux exigences de reporting et de publication Scope 3 des clients, dans des cadres tels que la CSRD, et transforme un engagement environnemental en levier de résilience et de compétitivité. Les engagements de Nexans sont concrets : 25 % de cuivre recyclé d’ici 2028, environ 13 000 tonnes de polymères recyclés par an, sur la trajectoire de la neutralité carbone en 2050.

Mythe #8 : double approvisionnement

« Un seul fournisseur fiable suffit »

S’en remettre à une source primaire unique concentre le risque de prix comme d’approvisionnement, précisément sur le métal dont l’électrification a le plus besoin. Le modèle le plus résilient associe un métal primaire issu d’un approvisionnement responsable et une part croissante de contenu recyclé. Ce double approvisionnement est la recommandation centrale du position paper, et il apporte deux choses à la fois, la sécurité d’approvisionnement et une empreinte carbone réduite. Pour les acheteurs, c’est aussi la voie concrète vers leurs propres objectifs climat, puisque le carbone incorporé dans les câbles qu’ils achètent contribue, in fine, à leurs émissions du champ d’application 3.

Le fil est le même pour ces huit points. La question des matériaux n’est pas une note de bas de page de l’électrification. Elle détermine si l’électrification pourra se faire au rythme, et dans le budget carbone, qu’exige la transition. Considérer le métal recyclé comme de second rang, ou le cuivre comme illimité, mène à de mauvais arbitrages. Les faits invitent à une autre approche. Concevoir pour la boucle, s’approvisionner à plusieurs sources, et mesurer ce que l’on affirme.

Nexans cables
Nexans cables

Position paper

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Notre position paper, Recycling, Circular Economy & Low-Carbon Products, détaille les données, le modèle en trois piliers et la recommandation de double approvisionnement qui sous-tendent ces contre-vérités. En accès libre, sans formulaire.

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